Blues
Big Bill Broonzy
Bessie Smith est née en 1895 à Chattanooga (Tennessee) dans une famille pauvre comprenant sept enfants, orpheline à huit ans, elle chante dans les rues avant de rejoindre une troupe ambulante dans laquelle se trouve Gertrude « Ma » Rainey, surnommée « The Mother of the Blues » qui aura une influence prépondérante sur elle.

Ensemble, elles font de multiples tournées avec The Rabbit Foot Minstrels dans tous les États-Unis, jusqu’à cette année 1923 où elle enregistre son premier succès Down Hearted Blues (780 000 disques vendus). Devenue superstar du show-business noir, elle est bientôt consacrée « L’Impératrice du Blues », inscrivant à son répertoire des classiques comme St. Louis Blues avec Louis Armstrong en 1925, Empty Bed Blues et Careless Love Blues.

De sa voix puissante de contralto, elle chante toutes les misères du peuple afro-américain avec un art subtil de la dramatisation, une diction et un phrasé souples où l’émotion est toujours présente. Son style représente la transition entre le blues rural et folklorique des années vingt et celui des chanteuses qui lui succéderont comme Ella Fitzgerald ou Billie Holiday.

Après la guerre, son style devient moins fruste, plus policé, urbain et électrifié. Il est l’un des premiers bluesmen à venir en Europe et notamment en France (1951), et nul autre que lui n’aura eu plus d’importance pour la propagation du blues au moment où celui-ci semblait en voie de disparition.

Doté d’un remarquable sens commercial, il abandonne alors sa guitare électrique et sa section rythmique pour revenir à la formule soliste des origines et se présente comme « un laboureur noir du Sud » ou comme « le dernier des bluesmen vivants » interprétant les vieux chants folkloriques du Sud.

Dans le disque Hollerin’ and Cryin’ the Blues enregistré en France) il chante le célèbre « Baby Please Don’t Go », des « traditionnels » comme « John Henry » ou le « spiritual » « Nobody Knows ». Figurent également des extraits d’un de ses concerts à la salle Pleyel avec la participation du grand pianiste Blind John Davis.

Ce grand créateur du blues meurt en 1958 un peu oublié dans la Cité des vents (Chicago) mais salué par toute la presse dans une Europe qui s’est mise à l’heure du « blues revival ».






Zone19
L'antre du blues 2005 - 2008