Blues
Buddy Guy
Né le 30 juillet 1936 à Lettsworth (Louisiane), George Guy, dit Buddy Guy, fabrique sa première guitare à l’âge de 13 ans.

Influencé par les bluesmen Guitar Slim, T-Bone Walker ou Lightnin’ Hopkins, il se produit dans la région de Baton Rouge avec notamment Slim Harpo et Lightnin’ Slim.

Installé à Chicago en 1957, reconnu pour sa virtuosité, Buddy Guy enregistre aux côtés de Magic Sam ou d’Otis Rush, avec lesquels il contribue à l’apparition du West Side Sound (sonorité particulière et originale du blues en provenance des quartiers ouest de Chicago, qui a accueilli de nombreux bluesmen), ainsi que sous son propre nom en 1958. Pilier des studios Chess, label pour lequel il grave ce qui constitue probablement ses meilleurs titres, il participe aux séances de Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Koko Taylor, Little Walter, entre autres et réussit quelques plages solo telles que « First Time I Met the Blues » ou « Stone Crazy ».

En 1965, Buddy Guy ouvre un club de blues à Chicago, le Buddy Guy Legends, et signe un contrat avec le label Vanguard, période dont témoigne l’album A Man and the Blues (1968), aujourd’hui unanimement considéré comme son chef-d’œuvre. Il se lie d’amitié avec l’harmoniciste Junior Wells avec qui il réalise plusieurs disques et entreprend de nombreuses tournées, notamment en Europe. Apportant une teinte soul et parfois rock à leur musique, tous deux sont engagés par les Rolling Stones pour la première partie de leurs concerts en 1970.

Buddy Guy connaît ensuite une traversée du désert jusqu’au blues revival (« renouveau du blues ») de la fin des années 1980, auquel le jeune guitariste Stevie Ray Vaughan contribue pour une large part. Cette période voit le retour sur le devant de la scène d’artistes tels que B.B. King, John Lee Hooker ou Buddy Guy lui-même, dont l’héritage est revendiqué par une génération de guitaristes britanniques tels que Eric Clapton celui-ci l’invite lors de ses concerts annuels au Royal Albert Hall de Londres en 1990 (24 Nights)Jeff Beck ou Mark Knopfler.

Mark Knopfler, à l’instar d’Eric Clapton, participe à l’enregistrement de Damn Right I Got the Blues, disque récompensé par une Grammy Award en 1991. Paul Rodgers et Bonnie Raitt (star américaine de la musique country) figurent quant à eux sur l’album Feels Like Rain, paru en 1993. L’année suivante, Buddy Guy publie Slippin’ In (1994) et donne de nombreux concerts en Europe et aux États-Unis. Heavy Love (1998) témoigne de la volonté d’ouverture du guitariste, qui s’entoure pour l’occasion de jeunes musiciens tels que Johnny Lang et adopte une sonorité délibérément rock qui n’est pas sans laisser circonspects les amateurs d’un blues plus « traditionnel ».

Buddy Guy revient alors à plus de sobriété et de spontanéité, voire de sincérité et d’authenticité, dans Sweet Tea (2001) : le blues épuré et sensible qu’il délivre séduit le public et la critique, et remporte une nouvelle récompense de prestige. De même, Blues Singer (2003), dédié à la mémoire de John Lee Hooker et construit selon le même principe que Folk Singer (paru en 1964) de Muddy Waters, privilégie les sonorités et les orchestrations acoustiques, mises au service de standards du blues écrits par Skip James ou Son House.

Buddy Guy est l'un des derniers bluesmen américains aux côtés de B.B. King notamment encore en activité





Zone19
L'antre du blues 2005 - 2008