James, Elmore (1918-1963), interprète et guitariste de blues américain.
Né à Richland (Mississipi), Elmore James découvre le blues dès son plus jeune âge et arpente les routes avec un certain
Robert Jr Lockwood gendre de
Robert Johnson et le célèbre harmoniciste Sony
Boy Williamson avec lesquels il perfectionne sa technique dans des juke joints (ou bars à musique).
Il se forge un son et un style caractéristiques, électrifiant le blues rural du Delta (voir blues). Sa voix plaintive, parfois stridente, s’harmonise parfaitement avec son jeu de guitare acéré et agressif marqué par une utilisation fréquente du bottleneck (sorte de goulot de bouteille placé autour d’un doigt et glissé le long des cordes de la guitare, de façon à obtenir des notes et des sonorités étirées et métalliques), comme en témoigne par exemple sa reprise du « Dust my Broom » de Robert Johnson. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des maîtres de la slide guitar (ou « guitare glissée »).
Elmore James s’avère être un musicien doué, mais prouve également ses talents de compositeur en signant quelques-uns des plus grands standards du blues et du boogie-woogie, parmi lesquels « It Hurts Me Too », « Shake Your Money Maker » (1961) et le poignant chef-d’œuvre « The Sky Is Crying » (1958). Le succès qu’il rencontre l’incite à tenter sa chance à Chicago dans les années cinquante, alors capitale du blues ; il publie ainsi des albums pour les labels Chess, Chief et Fire. À l’instar de
Muddy Waters,
John Lee Hooker et
B.B. King, il donne un nouvel élan au blues : essentiellement rural et limité à la communauté noire du Delta, le blues parvient désormais à séduire un public jeune et blanc, à la faveur de l’électrification d’une musique jusque-là acoustique.
De santé fragile, il meurt subitement à l’âge de quarante-cinq ans. Son héritage est énorme et son influence indéniable, notamment sur des artistes du blues boom britannique des années soixante, parmi lesquels figurent les guitaristes
Eric Clapton,
Peter Green et
Jeremy Spencer de
FleetWood Mac,
Brian Jones ,
Mick Taylor et
Ron Wood des
Rolling Stones ou encore
Jimmy Page de
Led Zeppelin, mais également des musiciens américains tels que
Johnny Winter.