Blues
John Lee Hooker
John Lee Hooker John Lee Hooker naît entre le 17 et le 22 août 1917 (dates non confirmées) près de Clarksdale, dans le Mississippi.

En 1923, lorsque son père William décède, c'est Willie Moore, un travailleur des champs de coton, qui prend rapidement sa place dans une famille de 11 enfants. Willie est aussi comme beaucoup de Noirs du Deep South un bon guitariste de blues pendant son temps libre. John Lee qui était plutôt tourné vers les negro-spirituals découvre alors un nouveau genre musical et commence à s'intéresser à la guitare. Willie qui considère déjà le petit John Lee comme son propre fils lui confectionne une guitare avec une planche et quelques clous.

Viennent ensuite de nombreuses soirées à improviser avec celui qui deviendra progressivement son mentor. Les progrès du jeune guitariste ne tardent d'ailleurs pas à se faire sentir et alors qu'il n'a que 12 ans; sûr de lui et désireux de devenir musicien professionnel, il part tenter sa chance à Memphis en se cachant dans un train de marchandises. Il racontera quelques années plus tard son tumultueux voyage dans Hobo blues.

Mais John Lee ne restera à Memphis que deux mois, en attendant que son beau-père vienne le chercher. En 1931, âgé de 14 ans, JL s'enfuit de nouveau mais tourne cette fois-ci à travers les villes du Sud. Pour survivre, il exerce divers petits boulots comme bûcheron ou aide garagiste à côté de sa musique qui lui vaudra de rencontrer deux bluesmen auprès desquels il enrichira son jeu: Tommy McClennan et Tony Hollins à qui il empruntera quelques compositions comme Catfish blues et Bottle up and go pour le

1er, ou Tease me over et Crawlin' kingsnake pour le second. Sa carrière débute réellement en 1948. Repéré par Bernie Besman (on parle d'ailleurs de 1948 à 1954 comme de la période Modern de Hooker, du nom du label californien auquel celui-ci était lié), il enregistre notamment Boogie Chillen (qui entre au top 40 rhythm 'n' blues) et Wednesday Evening Blues. Il connaît immédiatement le succès dans les ghettos de Chicago et Detroit. Seul ou en compagnie d'Eddie Kirkland ou Eddie Burns, [John Lee Hooker]

Pour John Lee Hooker qui se définit non pas comme un simple musicien mais comme un "entertainer" professionnel, la suite logique veut qu'il parte en tournée. Deux hommes joueront un rôle important dans sa carrière: le guitariste Eddie Burns, et Eddie Kirkland qu'il avait rencontré lors d'une house party en 1948. Avec le 1er, il enregistrera Black cat blues, Burnin' hell...

Le second sera celui avec lequel il travaillera le plus longtemps, enregistrant plusieurs chefs d'oeuvre pour le label Chess à Chicago comme Key to the highway ou Guitar lovin' man en 1951 ou Let's talk it over en 54. Mais parallèlement, le couple Hooker devient instable. JL est connu pour avoir deux passions dans la vie: les femmes et le whisky. Il y risquera d'ailleurs sa vie en 1950, empoisonné en buvant du whisky, à cause d'une sombre histoire de jalousie, obligeant son ami Eddie Burns à le remplacer sur scène pour quelques temps. Car comme il le dit: "s'il n'y avait pas de femmes, il n'y aurait certainement pas de blues". Néanmoins, Hooker se montre peu tendre à leur égard, voire mysogyne comme sur son manifeste Democrat man où il leur reproche violemment d'avoir voté pour les Républicains.

En 1955, pourtant, il signe un contrat avec le label chicagoan Vee-Jay et renoue avec le succès. Vers 1959-60, Hooker profite des premieères manifestations du "blues revival". Ainsi participe-t-il en 1960 au festival de Newport, et devient-il en 1962 la vedette de la première tournée européenne de l'American Folk Blues Festival (il recommencera en 1965 et 1968).

C'est au cours de ce voyage qu'il enregistre Shake it Baby qui connaît un très grand succès mondial. Sa réputation s'étend et il influence de grands groupes anglais de l'époque : Animals, Yarbirds, Spencer Davis Group, etc. La fin des années 60 fait de lui un bluesman de réputation mondiale. Le succès aidant, il s'engage davantage du côté du rock et enregistre même en 1970 aux côtés du groupe Canned Heat et de Van Morrison. Il s'installe en Californie. Sa carrière semble s'enliser. Pendant une quinzaine d'années, il parcourt le monde avec son Coast to Coast Blues Band. Il fait un peu de cinéma (The Color Purple de S. Spielberg et The Blues Brothers).

[John Lee Hooker] Les 90's voient la sortie d'albums à fort succès commercial, tels "Boom Boom" en 92 ou "Chill out" en 95 où Hooker fait preuve d'un flair exceptionnel en invitant les meilleurs bluesmen autour de lui. Si JLH passe le plus clair de son temps à conduire sa dizaine de voitures ou à regarder le base-ball à la télé, ce n'est que repos mérité car Hooker, avec plus de 500 titres enregistrés, des dizaines d'albums et surtout un jeu unique volontairement minimaliste aura su se créer une place bien à part au Panthéon des bluesmen/guitaristes.

John Lee Hooker fût considéré comme la légende vivante du Blues. De jeunes groupes anglais tels que les Rolling Stones ou The Animals le citent en référence. Au début des années 70, il part en Californie où il enregistre avec Van Morrison et Canned Heat. Après un passage à vide entre 1974 et 1986, il revient sur le devant de la scène en 1989 avec l'album The Healer. Peu après, il collabore avec des musiciens tel que Carlos Santana ou Eric Clapton. Durant les années 90 il sort plusieurs albums et notamment Don't look back, produit par Van Morrison et sur lequel figure un duo avec Los Lobos.

John Lee Hooker nous a quitté le 21 juin 2001.





Zone19
L'antre du blues 2005 - 2008