Blues
John Mayall
John Mayall John Mayall œuvre pour le renouveau du blues depuis le début des années 1960 avec une constance et une humilité qui lui valent l’admiration de ses pairs. Celui qui peut s’enorgueillir d’avoir révélé quelques-uns des plus fameux musiciens anglais à la faveur d’albums puisés aux sources d’une musique traditionnelle américaine a contribué pour une large part à l’expansion du blues en Europe.

Né le 29 novembre 1933 à Macclesfield (Cheshire), John Mayall pratique dès l’âge de 12 ans la guitare et le ukulélé avant de s’essayer au piano et à l’harmonica. Même s’il fonde son premier groupe les Powerhouse Four dès 1955, le musicien ne se résout que tardivement à délaisser le studio de graphistes qu’il dirige à Macclesfield pour se consacrer pleinement à sa passion. Installé à Londres en 1962, il y forme The Blues Syndicate, mais c’est avec son groupe suivant, les Bluesbreakers, que John Mayall, âgé de 33 ans, fait véritablement son entrée sur la scène blues londonienne, alors en plein essor. La formation originale des Bluesbreakers compte dans ses rangs John McVie (basse), Bernie Watson et Davy Graham (guitares) ainsi que Peter Wood (batterie) ; elle joue principalement du blues d’après-guerre de Chicago.

À un premier album d’honnête facture (Plays Mayall, 1964) succède Bluesbreakers With Eric Clapton (1966), considéré comme la pièce maîtresse de la discographie de John Mayall. Ce disque est devenu un classique du blues électrique grâce à la démonstration de technique et de feeling à laquelle s’y livre son guitariste Eric Clapton ; fraîchement débarqué des Yardbirds, celui-ci y invente en effet un son de guitare blues saturé qui, mille fois copié depuis, le fait accéder au rang de « superstar » et propage la popularité naissante des Bluesbreakers. Eric Clapton quitte pourtant le groupe peu après.

Dès lors, de fréquents changements de musiciens, justifiés par les seules inflexions artistiques données par John Mayall, surviennent au sein d’un groupe qui prend les allures d’un véritable laboratoire musical. Pour l’album suivant, Hard Road (1967), c’est à Peter Green qu’échoit la périlleuse tâche de marcher sur les brisées d’Eric Clapton — une mission dont il s’acquitte avec brio avant de partir à son tour former Fleetwood Mac. Le jeune guitariste Mick Taylor, 19 ans, le remplace à son tour sur la trilogie Crusade (1967), Bare Wires (1968) et Blues From Laurel Canyon (1968). Les Bluesbreakers accueillent ainsi successivement les bassistes Jack Bruce et Andy Fraser, les batteurs Aynsley Dunbar et Mick Fleetwood, le guitariste Harvey Mandel et bien d’autres musiciens de haut niveau qui, au terme de contributions souvent brèves, cèdent à l’appel de groupes promis à de plus ambitieux développements comme Cream, Free, Canned Heat, The Soft Machine ou les Rolling Stones.

Dès 1967, John Mayall tente l’expérience d’un album solo avec The Blues Alone où il joue de tous les instruments, mais confirme qu’il a plus l’étoffe d’un compositeur et d’un leader de groupe que le charisme ou la technique des musiciens qu’il a découverts. Une orientation plus jazz se dessine dans les albums suivants que John Mayall, qui a dissous The Bluesbreakers, publie désormais sous son seul nom. Avec le live The Turning Point (1969), le musicien surprend encore en intégrant un saxophoniste et un flûtiste à une formation sans batterie ; l’album atteint, contre toute attente, des chiffres de vente élevés, marquant aussi l’apogée de la popularité du musicien.

En 1971, John Mayall réunit ses anciens guitaristes Eric Clapton, Harvey Mendel et Mick Taylor pour un album peu convaincant, Back To the Roots. Dès lors, en dépit de fréquents changements de musiciens, il ne parvient pas à enrayer un relatif déclin artistique qu’accélère, en 1974, un changement de maison de disques. Le succès ne revient qu’en 1993 avec Wake Up Call, qui bénéficie du soutien du fidèle Mick Taylor et des interventions remarquées des guitaristes Buddy Guy et Albert Collins. En 2002 paraît Stories, qui atteste de la vigueur et de l’énergie du musicien, infatigable et modeste promoteur du blues depuis cinq décennies.





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L'antre du blues 2005 - 2008