
Né à Washington, fils d’un pasteur pauvre de l’Église pentecôtiste,
Marvin Gaye de son vrai nom Marvin Penz Gay (il ajoute le « e » final en 1959) intègre très jeune une chorale religieuse et grandit en écoutant
Ray Charles, l’une de ses influences majeures, mais également
James Brown. En 1957, il s’engage dans l’US Air Force, mais doit rapidement quitter l’armée pour insubordination.
Il fonde alors un quartette de doo-wop (voir rhythm and blues), The Marquees, dont le premier single « Hey Little School Girl » (1957) est produit par
Bo Diddley. Puis, en 1958, il rejoint
Harvey & the Moonglows, qui connaît un succès significatif grâce au morceau «
Ten Commandments of Love ».
Marvin Gaye Artiste du label Motown depuis 1961, Marvin Gaye a dû lutter, à l'instar d'un Stevie Wonder, pour imposer sa liberté créatrice au sein d'une compagnie discographique caractérisée par la stricte répartition des tâches. Avec les albums
What's Going On (1971), Troubled Man (1972), Let's Get it On (1973) et l'enregistrement public Live (1974), Marvin Gaye s'impose comme l'un des plus grands artistes noirs des années soixante-dix, enregistrant une soul aux arrangements complexes et aux inflexions rythmiques africaines très prononcées.
En 1960, Marvin Gaye signe un contrat de musicien de studio il est alors batteur chez
Motown, le plus important label de musique noire, puis en 1961 il officie en tant qu’interprète chez Tamla (filiale de Motown). Influencé par
Frank Sinatra et Nat King Cole, son ambition est de devenir chanteur de charme, toutefois la tentative échoue. C’est pourquoi Motown lui demande d’enregistrer de la musique soul, ce dont témoignent «
Stubborn Kind of Fellow » (1962), « Pride and Joy » (1963) ou « Can I Get A Witness » (1963), une chanson teintée de gospel, reprise par les
Rolling Stones en 1964.
Partagé entre duos pop et romantiques, ballades aux couleurs jazz et titres plus énergiques et dansants, Marvin Gaye enregistre de nombreux succès dans la seconde moitié des années 1960 : «
What’s the Matter With You Baby » (1964) avec la chanteuse
Mary Wells, «
How Sweet It Is (To Be Loved By You) » (1965), «
Ain’t That Peculiar » (1965), «
I’ll Be Doggone » (1965), «
Ain’t No Mountain High Enough » (1967) et «
You’re All I Need To Get By » (1968) aux côtés de
Tammi Terrell, «
I Heard It Through the Grapevine » (1968) ou encore «
Good Lovin’ Ain’t Easy To Come By » (1969).
Après la mort de Tammi Terrell, en 1970, qui l’affecte beaucoup, Marvin Gaye crée un nouveau style de musique soul avec son album
What’s Going On (1971), dont sont notamment extraits «
Mercy Mercy Me » et «
Inner City Blues (Make Me Wanna Holler) ». Il y développe avec sincérité et gravité ses réflexions engagées sur la famille et des questions politiques et sociales telles que la guerre du Viêt Nam, le racisme ou l’écologie.
Au cours des années 1970, Marvin Gaye enregistre et produit une série de chansons aux inflexions érotiques mêlées de tonalités dépressives comme «
Trouble Man » (1972), «
Let’s Get It On » (1973) ou «
I Want You » (1976). Ses problèmes personnels s’aggravent il est cocaïnomane, régulièrement tourmenté par des tendances suicidaires et l’album Here,
My Dear (1978) relate son divorce douloureux. Sa carrière stagne.
Toutefois, en 1979, il se retire en Europe (Ostende, en Belgique), où il enregistre pour le label Columbia Midnight Love (1982), porté par le fameux «
Sexual Healing », l’une de ses prestations vocales les plus abouties.
De retour aux États-Unis en 1983, il effectue une tournée qui ne lui apporte pas la satisfaction espérée. Finalement, dernier acte d’une tragédie « annoncée » tant son état psychique se dégrade, Marvin Gaye est tué d’un coup de feu par son propre père au cours d’une violente querelle.
Bercé par les invocations religieuses du gospel et nourri des sonorités chaleureuses du rhythm and blues, Marvin Gaye est devenu l’un des musiciens les plus influents de l’histoire de la musique soul grâce à sa voix unique, haute et sensuelle, et son indéniable charisme personnel. Sa personnalité d’artiste déchiré et sa disparition tragique ont contribué à son immense succès posthume.