Soul
Ray Charles
Ray Charles Ray Charles né le 23 septembre 1930 et décédé le 10 juin 2004

Ray Charles Robinson est né dans une famille très pauvre d'Albany, en Géorgie; et a été élevé par sa mère à Greenville en Floride. Il eut une enfance difficile; en effet, après avoir assisté impuissant à la noyade de son jeune frère, il contracte un glaucome à l'âge de quatre ans. À sept ans, sa cécité est complète et il doit être placé dans un établissement spécialisé.

Il y apprend la musique, devient rapidement professionnel et débute en 1948 à Seattle avec le Maxim Trio, sous l’influence principale de Nat King Cole, mais également du saxophoniste, chanteur et chef d’orchestre Louis Jordan. Sa réputation parvient jusqu’aux dirigeants de la compagnie Atlantic (cf. labels de jazz), qui l’engage aussitôt.

Ray Charles obtient son premier succès discographique en 1954 avec « I Got A Woman », suivi par « Hallelujah I Love Her So » un an plus tard et de « What’d I Say » en 1958 : il vient d’inventer un style original profondément ancré dans le blues et le gospel (prémices de la musique soul), où sa voix notamment son ton de « prêcheur » est soutenue par un balancement hypnotique, créant un climat obsessionnel proche de la transe.

Il s’accompagne d’un piano (acoustique ou électrique) apportant un soutien très « bluesy », au sein d’une petite formation puis d’un grand orchestre auquel s’ajoute un chœur féminin, les Raelets, qui apparaît pour la première fois en mai 1956 dans « Lonely Avenue ».

Ray Charles participe à la fin des années cinquante à de nombreuses séances d’enregistrement collaboration avec Milt Jackson, dont témoigne le disque Genius + Soul = Jazz (1960), Oscar Pettiford, Kenny Burrell ou encore les orchestres de Quincy Jones et de Gerald Wilson — et entreprend, après avoir surmonté des problèmes de drogue, des tournées qui le mènent dans le monde entier après le phénoménal succès de « Georgia on My Mind » (1960).

C’est au festival de Juan-les-Pins, en juillet 1961, que le public français découvre ce personnage hors norme, hors mode et multiforme dont la voix rauque et sourde, brûlante mais aussi tendre et sensuelle, oscillant entre la joie et la rage, la langueur et l’humour sarcastique, parfaite incarnation de la voix noire américaine, séduit et enchante aujourd’hui encore un large public. Son passage pendant une semaine entière (seul au programme) à l’Olympia en 1963 constitue un événement rare dans le jazz et contribue à asseoir sa renommée, paradoxalement plus importante en Europe qu’aux États-Unis.

Le public composite de Ray Charles— Noirs, Blancs, rockers, amateurs de jazz, blues, musique country ou gospel, toutes générations confondues — fait un triomphe à celui que l’on surnomme désormais le Genius (le « génie ») ou Brother Ray (« frère Ray »). Ses concerts, exemplaires dans leur construction et leur progression — illustrations du « show à l’américaine » parfaitement réglé — laissent néanmoins éclater son charisme, et font oublier les contingences commerciales qui l’ont incité à élargir son répertoire jusqu’à « la Mamma » de Charles Aznavour et « Eleanor Rigby » des Beatles.

Ray Charles a participé en outre à quelques films, dont The Blues Brothers (1980), et publié en 1978 son autobiographie sous le titre français le Blues dans la peau.