Soul
Sam Cooke
Sam Cooke Né le 22 Janvier 1931 à Clarksdale (Mississippi), Samuel Cook (dit Sam Cook) chante du gospel dès l’enfance dans les églises baptistes de Chicago (Illinois) où sa famille s’installe en 1933. Huitième enfant d’un pasteur, il intègre à l’âge de 9 ans un quatuor de gospel familial, The Singing Children, formé avec ses deux sœurs et l’un de ses frères.

En 1950, il rejoint The Soul Stirrers, un groupe de gospel professionnel au sein duquel il acquiert une renommée personnelle considérable ; six années formatrices lui permettent en effet de se forger un style, souvent imité depuis, fait d’un mélange de langueur et de fougue, que le cadre religieux des prestations du groupe lui impose toutefois de brider.

Au terme de cette expérience, Bumps Blackwell, son manager qui produit également Little Richard, lui propose une incursion, audacieuse pour un chanteur de gospel, sur le marché autrement plus prometteur de la pop. Un premier titre « Lovable », 1956)est enregistré mais, soucieux de ne pas s’aliéner son public traditionnel, le chanteur n’ose le publier que sous un nom d’emprunt, Dale Cook. Si les ventes sont modestes, l’expérience est cependant suffisamment convaincante pour qu’il se lance quelques mois plus tard dans une carrière solo sous son vrai nom — enrichi d’une voyelle finale, Sam Cooke et enregistre l’une de ses propres compositions : « You Send Me » (1957).

Ce titre, qui jette les bases de la musique soul, se vend à un million d’exemplaires et l’impose immédiatement dans le circuit rhythm and blues. Il lui vaut également d’être congédié des Soul Stirrers ; pour dommageable qu’il soit à ses activités religieuses, ce limogeage s’avère toutefois payant en termes de carrière artistique puisque Sam Cooke enchaîne désormais avec aisance et succès ballades irrésistibles et titres énergiques qui figurent en tête des hit-parades américains : « Wonderful World », « Everybody Likes To Cha Cha Cha » ou « Only Sixteen » tous trois enregistrés en 1959.

En 1960, Sam Cooke signe un contrat avec la maison de disques RCA et infléchit l’orientation pop de ses disques ; les nouveaux titres — « Chain Gang » (1960), « Cupid » (1961) et « Another Saturday Night » (1963) déchaînent toujours autant les passions. En outre, avisé et vigilant, le chanteur fait preuve d’une indépendance et d’une lucidité artistiques peu communes en créant très tôt une maison d’édition musicale (Kags Music) et une maison de disques Sar/Derby pour laquelle il officie en tant que producteur auprès d’artistes tels que Bobby Womack ou Billy Preston.

En 1963, l’album Night Beat témoigne d’une maturité nouvelle chez Sam Cooke que le marché de la pop a formé aux succès ponctuels des 45 tours : sa voix suave, claire et éthérée, portée par des sections de cordes langoureuses, s’y joue des genres musicaux, alternant notamment gospel et pop, et convainc sans peine un large public. Le concert Live at the Harlem Square Club (1963), enregistré à Miami (Floride) avec le groupe énergique du saxophoniste King Curtis, présente quant à lui une face méconnue de l’artiste, moins polie, tout en raucité explosive.

La carrière de Sam Cooke prend fin de façon brutale et tragique le 11 décembre 1964 lorsqu’il est abattu par la gérante d’un motel de Los Angeles (l’Hacienda) qui l’accuse de tentative de viol. Deux succès posthumes permettent toutefois de purger le parcours artistique de Sam Cooke de cette fin sordide : « A Change Is Gonna Come » (1963), dont les paroles revendicatrices se font le reflet des préoccupations civiques des Noirs américains, et « Shake » (1964), un titre au rythme vigoureux.

Ultime hommage, ces deux titres sont repris avec ferveur par Otis Redding quelques mois plus tard. Par la suite, Marvin Gaye, Al Green, Smokey Robinson, Mick Jagger et Rod Stewart ont également reconnu en Sam Cooke une influence majeure et un modèle inégalé.

Artiste novateur à la carrière fulgurante, Sam Cooke a su rester fidèle à sa culture gospel et aborder parallèlement des genres populaires tels que le rhythm and blues et la musique pop dans des chansons jubilatoires aux sonorités fédératrices et consensuelles. Ce brassage musical inédit au début des années 1960 lui a assuré la reconnaissance d’un large public et en a fait l’un des plus efficaces promoteurs de la musique soul.




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