soul
Wilson Pickett
Wilson Pickett Wilson Pickett est né le 18 Mars 41 à Prattville, Alabama, dans une famille de 4 enfants qui vit de la récolte du coton.

il a 14 ans lorsque sa famille s’installe à Detroit (Michigan). Une enfance aux tonalités religieuses, que la fréquentation assidue des églises baptistes place sous le signe du gospel, le conduit, à la fin des années 1950, à faire ses premières armes en tant que chanteur au sein d’un groupe vocal professionnel, les Violinaires.

En 1959, il intègre The Falcons, un groupe de rhythm and blues et de gospel qui jouit déjà d’une certaine renommée grâce au titre « You’re So Fine ». Très vite, ses talents de compositeur lui confèrent une prééminence au sein du groupe, confirmée par le succès de son titre « I Found A Love » en janvier 1962. De plus, Wilson Pickett est un chanteur hors normes, agressif et félin, qui, au risque de la caricature, épuise toutes les ressources d’une dramaturgie « soul » qu’il contribue dans le même temps à établir.

Après la dissolution des Falcons, Wilson Pickett se lance dans une carrière solo. Lancée au printemps 1962, sa version de « If You Need Me » est une réussite mineure pour laquelle il ne semble pas encore donner toute la mesure de son talent. Il faut attendre l’intervention du producteur Jerry Wexler il signe Wilson Pickett chez Atlantic Records en 1965 pour que puisse enfin s’épanouir sa créativité. L’accès aux célèbres studios Stax, où s’enregistrent les plus grands succès de la musique soul, et le concours des musiciens d’Otis Redding sont à ce point décisifs que, dès mai 1965, Wilson Pickett signe, avec l’aide du guitariste Steve Cropper, son morceau de bravoure, « In the Midnight Hour » : le chant puissant et parfois menaçant de Wilson Pickett, qui charge d’une tension érotique à peine voilée la moindre de ses inflexions, y forme un contrepoint idéal au riff obsédant de Steve Cropper. Le titre connaît un succès international retentissant et fait bientôt l’objet de reprises, aujourd’hui innombrables.

>Ce coup de maître est suivi de quelques-uns de ses plus grands « tubes » : « Land of A Thousand Dances », une reprise de Chris Kenner, « 634-5789 (Soulsville, U.S.A.) », « Mustang Sally » (tous trois parus en 1966) et « Funky Broadway » (1967). Puis, en 1968, Wilson Pickett enregistre deux albums Midnight Mover et I’m In Love composés essentiellement de reprises de Bobby Womack. L’année suivante, il s’adjoint les services du guitariste Duane Allman (du Allman Brothers Band) pour une version très personnelle et surprenante du « Hey Jude » des Beatles.

Initiée par un album au confluent des musiques soul et funk Wilson Pickett in Philadelphia (1970) , la décennie qui s’ouvre ne tarde cependant pas à trahir un essoufflement créatif chez Wilson Pickett, qui s’abîme dans des digressions pop et disco en totale rupture avec les flamboyantes années Stax qui ont fait sa gloire. Puis les démêlés du chanteur avec la justice, récurrents à partir de la fin des années 1980, confirment l’ampleur d’une dérive qui menace de le faire tomber dans l’oubli.


Toutefois, un vibrant hommage rendu par l’intermédiaire du film The Commitments (1991) d’Alan Parker et une apparition opportune dans Blues Brothers 2000 (1998) de John Landis il y interprète son propre rôle le rappellent au bon souvenir d’un public qui semble connaître davantage l’œuvre que l’homme. Confirmant ce regain d’intérêt, Wilson Pickett effectue en 1999, après douze ans d’absence et contre toute attente, un retour réussi avec un album de musique soul d’excellente facture, It's Harder Now.

La contribution de Wilson Pickett à l’avènement de la musique soul en fait l’égal d’Otis Redding et d’Aretha Franklin, dans l’ombre desquels il est pourtant relégué depuis ses débuts. Plus agressif et plus excessif que ses deux rivaux, assurément plus provocateur, Wilson Pickett a émaillé les années 1960 d’une poignée de titres ardents et nerveux, mais reste avant tout l’interprète inégalé d’un classique, « In the Midnight Hour », qui suffit à lui assurer une place de choix dans le panthéon de la musique afro-américaine.